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Ecrire à un détenu  
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L'importance de recevoir du courrier en prison

Comme le soulignent de nombreux détenus, le fait de ne pas recevoir de courrier serait une preuve de disparition totale de lien avec les autres, d'abandon de la personne à son sort carcéral. L'importance du courrier en prison est capitale : il montre que d'autres gens pensent à vous et s'intéressent à votre situation.

« Il y a des détenus qui s'écrivent à eux-mêmes, pour recevoir des lettres. C'est pour dire l'importance que ça peut avoir de recevoir du courrier, y compris par rapport au surveillant, aux autres détenus. »
témoignage d'une salariée d'une association d'aide aux femmes sortant de prison.
In Gilles Chantraine, Par delà les murs, éditions PUF 2004

« L’espoir que j’ai est que les années passent plus vite pour retrouver la vie. Mes attentes sont perpétuelles : j’attends de voir si le matin le moral est avec moi, j’attends que les heures passent pour manger, j’attends dans des salles pour chaque rendez-vous, j’attends pour voir si une lettre peut me faire revivre un instant, j’attends que les calendriers se noircissent. Ici c’est l’attente pour tout. Ce n’est qu’un détail de la vie carcérale mais il y a deux choses primordiales, ce ne sont pas des choses d’ailleurs ce sont des bols d’air pur : c’est le parloir et le courrier.»

Claude, les Baumettes

« Il dit que la correspondance est très importante pour lui, qu'il guette le courrier chaque jour, que c'est une joie d'avoir une lettre et une relation d'amitié. Il m'avait demandé d'écrire plus souvent, éventuellement moins long mais plus souvent car c'est très important aux yeux des codétenus de ne pas apparaître comme n'ayant aucune relation à l'extérieur. Il dit avoir connu un détenu qui ne recevait aucun courrier et de ce fait était méprisé et relégué au rang le plus bas de l'échelle sociale interne »
Jeanne-Marie, adhérente
« Je pense que la plupart des épreuves de la vie notamment être en milieu carcéral peuvent être l’occasion, pour qui sait les saisir, de progresser. (…) Je pense et j’espère qu’en chaque être humain, la bonté, même si elle n’est qu’à l’état d’étincelle, ou d’embryon, existe et peut s’exprimer. »
Cyranie, Poissy

« Ecrivez-moi, disait-il, même si je ne vous réponds pas toujours (étant trop déprimé en ce moment pour le faire). Vous avez dit être à l'écoute, soyez à l'écoute même de mon silence. J'ai compris l'importance que représentait une lettre, souvent seul lien avec l'extérieur. Quelque chose qui vient « du dehors », de cet autre monde dont le prisonnier est exclu ».

"Je suis comme un enfant impatient de vous découvrir. Dans ma dernière lettre, je demandais à vous connaître, et j'espère bientôt recevoir des nouvelles qui me feront partager un peu de vous, de vos jours [...]. J'espère que vous m'accepterez tel que je suis aujourd'hui, dans la désuétude de ma vie. Ce lien épistolaire que nous tentons d'établir, me libèrera jour après jour du sentiment d'une terrible solitude. Malgré tout ce que je pourrai vous confier, soyez assurée que j'aurai toujours conscience de votre soutient et réconfort moral, pour un temps limité, délimité par l'espace de mon enfermement".
Jacques

Le courrier, une fenêtre sur l'extérieur

Le courrier constitue une forme d'évasion. Ecrire permet d'oublier les murs. Le besoin d'expression des personnes détenues passe alors par les mots. Souffrance, solitude, incompréhension, violence. L'exutoire est nécessaire pour ces personnes souvent écorchées par la vie.

Le courrier permet au détenu de ne pas se couper de la réalité du dehors. Car en analysant et en critiquant les événements, il continue à faire partie un tant soit peu de cette société qui l'a mis à l'écart.

« La prison [n'est] manifestement pas une réponse satisfaisante puisqu'elle produit massivement des inadaptés, soit en recyclant les plus jeunes dans la délinquance, soit en enfermant les autres dans la consommation de drogues, qu'elles soient illicites ou médicalement prescrites. Ceux qui sont parvenus à maintenir le lien avec l'extérieur sont les moins exposés aux dégâts physiques et mentaux de la vie carcérale ».
Anonyme
« Dès le premier échange, j'envoie une jolie carte de la Bretagne avec quelques dépliants et documents touristiques ; jamais de timbre ordinaire, idem pour l'enveloppe et le papier à lettre. Je pousse le raffinement jusqu'à poser un sceau de cire pour cacheter le tout ! J'ai offert à mes deux correspondants La vie devant soi, de Romain Gary, livre facile d'accès une leçon de tolérance et d'humanité, plein d'espoir et d'humour.».
Sandrine
« Le relais qui s'effectue entre le détenu et le correspondant permet au détenu d'avoir une certaine vision du monde extérieur [.] Comme un moment de liberté, d'évasion où l'imagination fait son chemin. La vision de la vie extérieure me permet de suivre l'évolution du monde ».
Alain, centre de détention de Nantes

Le courrier, une aide pour ne pas dépérir

« Avant de vous connaître, je n'étais que l'ombre de moi-même. Vous êtes arrivés, et je me suis senti épaulé pour affronter cette vie derrière les barreaux ».


Jean-Claude D, maison d'arrêt de Fresnes
« Je me suis rendu compte que, même quand des personnes très proches nous ont délaissés, et bien grâce à des personnes comme Dany nous pouvons reprendre goût à la vie, et retrouver un peu de sa dignité et que tout n’est pas fini ».
Yves, Châteaudun.

« Je donne et je reçois. Ce qui prouve que j'existe ailleurs et autrement. Maintenant, c'est de là que vient ma force d'exister [.]. Merci, et ne vous arrêtez pas de donner du courage aux gens qui en ont besoin. De donner le moyen aux personnes seules d'exister »
Yohan, détenu

« Après cinq ans passés derrière des murs et des barreaux, tout homme se met à ressembler, je dirais presque à penser comme un mur et un barreau. Ceux qui s'arment un jour d'un stylo sont sauvés. Par les passages secrets que dessine l'encre, ils retrouvent les voies menant au rêve, à la révolte et au monde ».
René Fregni, Fleurs de rocaille, lettre du GENEPI, juin 2004

« Je ne m'attendais pas à ce à quoi j'ai eu à faire face, après le choc de l'incarcération : à l'oisiveté. Le détenu, dépouillé de tout, est totalement dépendant de l'administration, privé de tout moyen de communication et de bien d'autres petites choses que la simple liberté [.]. L'oisiveté n'est-elle pas ce qu'on peut proposer de pire aux détenus, déjà déconstruits par leur exclusion de la société ? ».
Anonyme

« Ecrire à une inconnue, je ne pensais pas pouvoir le faire et pourtant, j'ai pris mon courage et j'ai eu la chance de correspondre avec une dame très bien à qui j'exprime toute ma reconnaissance, je peux dire maintenant mon amie [.]. C'est une amie merveilleuse, qui a toujours un mot gentil et surtout elle est toujours à l'écoute de ma douleur. Je veux dire à tous ceux qui sont dans le malheur qu'il y a toujours une personne avec qui on peut partager sa douleur. J'espère que cette correspondance dure toujours ».
Jean-François, Salon de Provence

« Qu'est-ce qu'un correspondant ?
C'est quelqu'un qui t'accepte comme tu es
C'est quelqu'un qui se souvient de toi malgré la distance
C'est quelqu'un qui ne te laisse pas seul quand tout va mal
C'est quelqu'un qui fait fondre la glace qui est en toi »
Francis, Val de Reuil

« Une amitié s'est créée au fil du temps, avec nos lettres ; je dirais mieux : une complicité [.] Si, à mon tour, je pouvais correspondre avec une détenue, je serais heureux de lui apporter un peu de soleil dans sa cellule. Avec les mots, on peut guérir les maux ».
Joël H, Tarascon
« Il y a longtemps que je ne ‘corresponds’ plus avec ma correspondante du Courrier de Bovet, par contre, j’échange, je me confie, je partage. Elle est bien plus qu’une simple ‘correspondante’, une amitié sincère est née petit à petit et j’attends de ses nouvelles avec impatience (…). Votre association est un battement de cœur, vous êtes notre rythme cardiaque, avec un grand MERCI à vous tous ! ».

Frédéric, Saint-Martin-en-Ré
Ma correspondante est courageuse, surprenante, attentionnée, sans cesse à me faire des découpages, des illustrations, coloriages, manifestant un réel échange d'écritures par de longues lettres, me narrant ses mésaventures, sa vie professionnelle ou privée, ses voyages ou autres loisirs. Bref, une super "corres" qui me fait oublier le mot ennui.
Bernard, Bayel
« Je l’ai connue il y a un peu plus de 10 ans cette Parisienne (…). Sa fidélité, son soutien pendant toutes ces années aura facilité ma détention. Quand on a tout perdu, que l’on est au ban de la société et qu’une Parisienne vous tend la main, ça c’est quelque chose que l’on ne peut exprimer avec des mots »..
Hervé


Le courrier, pour apprendre à écrire

Une grande partie des personnes incarcérées ont un niveau d'étude primaire. Certains sont illettrés. D'autres ont des difficultés rédactionnelles, par manque de pratique.

La correspondance avec une personne extérieure à son milieu constitue souvent un élément de l'apprentissage de l'écrit. Pour certains, la seule lecture pratiquée en prison est celle des lettres qu'ils reçoivent. Cela équivaut à un premier pas, même si le bénéfice de la lettre n'est pas toujours immédiat.

En se sentant encouragée et non jugée, la personne passe d'un état de passivité à une démarche plus active dans l'écriture. L'échange de lettres permet d'aborder l'écriture sans l'attaquer de front. Elle perd son caractère « scolaire » pour devenir un mode de communication parmi d'autres. En prenant confiance en elle, en se réappropriant la syntaxe et la grammaire, en pratiquant tout simplement, la personne détenue peut s'améliorer sur le plan linguistique.

 
 
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